elles véritable point de départ des nouveaux arts

        elles étaient en vogue et avec
quelle exactitude on les désignait les uns des autres »30.

         Exister, créer, c’est percevoir
l’espace et s’y situer à sa juste place, à sa vraie mesure ; tel est le
véritable point de départ des nouveaux arts plastiques ou littéraires, à
commencer par le drame et le roman.

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        Selon Hauser : « Pour la Renaissance, ainsi que pour toute
culture dynamique, active et ascendante, l’espace est le principe de base de la
vue optique du monde »31.

      Les promoteurs du renouveau littéraire en France, dans les années
soixante, dont Alain Robbe-Grillet
pour ne pas citer que le  plus turbulent
d’entre eux, se réclamèrent de cette dynamique. Ils cherchèrent le fondement de
ce que l’on a appelé par la suite « le  Nouveau Roman » dans
la renonciation, aux« conceptions essentielles de l’homme » et la
quête de « la profondeur » des choses, au profit de « l’objectif
optique », descriptif,  celui qui se
contente de mesurer, de situer, de limiter, de définir, ce qui montre
probablement le chemin difficile d’un nouvel art romanesque »32.

          La pensée arabe, figée, dans un temps
fixe, celui des origines, l’âge d’or de la Révélation, elle s’est trouvée
confrontée à cette intrusion violente dans son espace propre que fut
l’expédition de Bonaparte en Égypte.

 

 

30 : L’influence de la littérature française sur le roman arabe (https://books.google.dz/books?isbn:2742754598 Kapusar Abdel Salam El Beheiry.
1980-Extraits/ Ch II(03/05/16.

31 : C.F.Hauser, « Histoire sociale de l’art de la
littérature », Le sycomore, Paris, 1984, Tome II, La Renaissance, p122.

32 : Pour un nouveau roman, Gallimard, 1963, p27.

  

         Grâce aux travaux initiés par la
mission scientifique accompagnant l’armée de Napoléon, elle s’est sensibilisée
à l’espace. Ce fut le début effectif de la
Nahda ; la littérature en fut bouleversée.

          L’histoire du roman arabe pose un
problème méthodologique dans l’espace et dans le temps ; les historiens de
la littérature arabe considèrent la première moitié du XIXème
siècle, à partir du règne du Mohamed Ali,
comme point de départ pour l’écriture de l’histoire du roman arabe.                                                                                                                            
                                                                                                       Le
roman historique puisât ses sujets dans l’histoire de l’islam et il est
probable que des traductions n’auraient pas rencontré un grand succès auprès
des lecteurs qui s’intéressent médiocrement à l’histoire des autres
nations ; ce mouvement se poursuivit jusqu’à notre époque, mais les
traducteurs opèrent un choix plus subtil et nuancé, pour enrichir la
littérature arabe d’œuvres qui ont une valeur universelle (Après les
traductions plus ou moins fidèles, la mode des adaptations apparait de 1904 à
1918 avec al- Manfaloûti   Les bouleversements du XXème siècle
inciteront poètes, prosateurs et dramaturges à inventer de nouveaux modes
d’écriture, à l’origine d’une véritable refondation littéraire. Le roman
s’illustre comme l’une des plus importants formes d’expression dans la littérature
universelle. Et il ne fait pas exception dans la littérature arabe.

          Les écrivains du monde arabe eurent souvent
besoin recourir à l’écriture pour défendre leurs idées et exposer les problèmes
sociétaires.                                   
                                                              

         Le
monde arabe de par son histoire, constitue une mine inépuisable d’inspiration.
Sa littérature riche, les structures de ses romans et le style vif et
po »tique pousse de plus en plus de chercheurs dans le monde à
s’intéresser à cette littérature : Tout au long du XIXème
siècle, de nombreux auteurs explorent les relations entre l’Orient et
l’Occident.                                              
Parmi eux le réformateur Rifâ’a
al-Tahtâwi  qui rentre dans sa patrie
pour enseigner et créer des écoles, pour former des traducteurs et professeurs,
pour publier deux périodiques et dans des ouvrages divers où il traite de
l’histoire nationale, de la géographie physique et humaine, de l’économie
politique, du droit, de la médecine, d’une jeunesse qu’il destine à une
meilleure vie sociale et morale, d’une certaine émancipation de la femme, de
nouveaux genres littéraires, de la simplification de la langue arabe et de la
modernisation souhaitée d’al- Azhar.
Il constitue avec ses camarades le premier trait d’union authentique avec l’Occident
afin d’apporter la civilisation et d’introduire ce qu’ils ont pu saisir des
institutions et des idées modernes.

          « Rifâ’a al-Tahtâwi  n’a
pas reculé devant la tâche de prés enter l’art dramatique pour la première fois
de la littérature arabe. Pressé par ses devoirs de pionnier, il n’aura pas le
temps d’écrire pour le théâtre, mais il aura suscité la naissance d’une scène
égyptienne en poussant plus tard un de ses brillants élèves, “Uthman Galâl “, à adapter des pièces de Racine et de Molière »33.

         « Un
villageois nommé “Taha Hussein “(1889-1972), incarnera au XXème
siècle les contacts culturels accrus avec l’Occident . Un enfant aveugle,
devient le guide de sa nation. A neuf ans, il récite intégralement le coran.
Mais il ne trouve pas, dans l’enseignement encore médiéval d’al-Azhar, la
connaissance éclairante, régénératrice à laquelle il aspire … Pour lui
donc, la culture occidentale se montre comme l’apanage de la méthode
scientifique. Et grâce à son mariage avec la lectrice française, celle dont la
voix lui rendait plus beaux les vers de Racine, il aura de la vie européenne

 

33. L’Égypte d’aujourd’hui – Chapitre V. Les contacts culturels de
l’Égypte  avec l’Occident

Anouar Louca p. 107-128                                                           
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